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Pompeo s'entretient avec les ministres des Affaires étrangères de l'UE alors que les failles s'aggravent – EURACTIV.fr

La réunion marque le début d'une semaine critique pour les relations américano-européennes, avec une réunion virtuelle des ministres de la Défense de l'OTAN débutant mercredi déjà éclipsée par les plans controversés de Washington visant à réduire sa présence de troupes en Allemagne.

L’approche «America First» du président américain Donald Trump a vu les liens avec l’Europe de crise en crise, mais les responsables de l’UE sont déterminés à continuer de parler à Washington, même si peu de progrès sont apparents.

Le processus de paix au Moyen-Orient figurera en bonne place à l'ordre du jour, alors que Bruxelles cherche à persuader Israël de se retirer des plans d'annexion de parties de la Cisjordanie occupée.

Le nouveau gouvernement israélien dirigé une fois de plus par le Premier ministre Benjamin Netanyahu a indiqué qu'il avait l'intention d'annexer les colonies de Cisjordanie et la vallée du Jourdain, comme l'avait proposé Trump, avec des premières mesures qui commenceraient le 1er juillet.

Un haut responsable de l'UE a déclaré que les pourparlers de lundi avec Pompeo débuteraient trois semaines "consacrées à une communication forte" avec toutes les parties – y compris les gouvernements israélien et américain – pour essayer d'arrêter les mouvements.

Les ministres de l'UE feront valoir leurs objections aux annexions – qui, selon eux, violent le droit international – avec Pompeo.

"Nous essayons de convaincre tout le monde que les annexions ne sont pas une bonne idée et créeront une instabilité, et le gouvernement israélien devrait reconsidérer", a déclaré le responsable.

Pompeo a exhorté les Palestiniens à adopter le plan de paix de Trump au Moyen-Orient, qui leur promet un État indépendant mais condensé et démilitarisé ainsi que des investissements internationaux.

La ministre allemande des Affaires étrangères, Heiko Maas, s'est rendue à Jérusalem cette semaine pour faire part à Israël des "graves préoccupations" de l'Europe concernant les annexions proposées.

Préoccupation des tribunaux

L’Europe est également de plus en plus alarmée par le retrait de Trump des institutions et accords internationaux, plus récemment l’Organisation mondiale de la santé et le traité Ciel ouvert avec la Russie.

La réunion de lundi intervient après que le dirigeant américain a autorisé des sanctions contre tout fonctionnaire de la Cour pénale internationale qui enquêterait sur les troupes américaines – une décision qui, selon le chef diplomatique de l'UE, Josep Borrell, était "un sujet de grave préoccupation".

L'UE étudie toujours l'ordre de Trump sur la CPI pour évaluer son impact probable, mais le haut responsable a déclaré que le bloc pensait que la décision de sanctions était erronée.

Si les perspectives de progrès sur ces questions lundi semblent minces, les diplomates espèrent que les deux parties pourront progresser vers un terrain d'entente sur la Chine.

Alors que les États-Unis ont adopté une approche dure pour un Pékin de plus en plus affirmé, l'UE a cherché à tracer une voie entre coopération, concurrence et confrontation.

Mais le haut responsable de l'UE a insisté sur le fait que les deux parties partagent fondamentalement la même évaluation de la Chine, ne différant que par leur approche, et devraient pouvoir trouver plus d'espace pour coopérer.

Missiles hypersoniques

L'UE a parfois eu du mal à forger une position unifiée sur la Chine, avec la mise en avant des intérêts nationaux concurrents de 27 pays, et la France a averti que l'Europe devait éviter de se faire piéger entre Washington et Pékin.

"L'Europe doit inventer une troisième voie, basée sur une défense ferme de nos intérêts et principes fondamentaux et une ouverture au dialogue multilatéral – une troisième voie qui n'est ni la guerre froide ni la complaisance naïve", a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian.

La France a longtemps insisté pour que l'Europe soit plus indépendante des États-Unis, une position qui a parfois ébouriffé les plumes de l'OTAN.

Les ministres de la Défense de l'alliance ont tenu leurs propres entretiens vidéo jeudi et vendredi, après que Washington a déclaré à Berlin qu'il envisageait de retirer quelque 9 500 soldats des 34 500 actuellement basés en Allemagne.

Les alliés entendront le secrétaire américain à la Défense, Mark Esper, tout en discutant de la réponse du coronavirus de l'OTAN et de la manière de gérer l'arsenal russe croissant d'armes, y compris les missiles hypersoniques de prochaine génération.

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