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La suppression du mandat sur les biocarburants serait un coup toxique pour l'industrie – EURACTIV.fr

La semaine dernière, un grand groupe de producteurs et d'associations de biocarburants basés dans l'UE a levé le drapeau rouge au sujet des informations selon lesquelles certains États membres envisagent ou abandonnent déjà les mandats sur les énergies renouvelables dans les transports en raison de la crise COVID-19.

En effet, la suppression de ces mandats ne ferait qu'intervenir entre les mains du secteur des combustibles fossiles. L'industrie pétrolière traverse peut-être une période difficile, mais il en va de même pour tous les secteurs en ce moment, écrit Theodor Goumas.

Theodor Goumas est chef de projet au ART Fuels Forum, qui a été créé dans le cadre du projet: «Soutien au forum sur les carburants alternatifs et renouvelables pour les carburants liquides et gazeux (questions de politique et de marché)».

Il est financé par la Commission européenne et vise à rassembler des représentants sélectionnés afin de faciliter la discussion et l'élaboration de questions communes sur les politiques et les barrières à la pénétration du marché pour ces carburants.

Comme les gens conduisent moins, la demande de carburant a chuté de façon spectaculaire. En parallèle, cela se traduit par une utilisation moindre des biocarburants; ainsi, plusieurs producteurs de biocarburants à travers l'Europe ont dû réduire considérablement sa production.

La suppression du mandat sur les biocarburants entraînerait un coup toxique pour cette industrie. De plus, si ce secteur en raison de telles conditions n'est plus viable, les États membres ne seront plus en mesure de se conformer à l'objectif 2020 fixé dans la directive sur les énergies renouvelables qu'ils ont signée.

Aider une industrie en supprimant les mandats en matière d'énergie renouvelable alors que nous sommes tous d'accord pour dire que nous devrions utiliser moins de pétrole fossile pour les transports est donc une mesure cynique.

L'utilisation de biocarburants permet d'éviter les émissions de gaz à effet de serre. Les dernières données du Royaume-Uni montrent que l'économie moyenne de GES grâce à l'utilisation de biocarburants est de 78% et si elle est prise en compte ILUC encore un impressionnant 72%.

De nombreux biocarburants à base de cultures, en particulier l'éthanol, selon les données, permettent de réaliser des économies bien au-delà du seuil de 50% fixé dans la directive.

Les données en provenance d'Allemagne montrent des chiffres encore plus élevés où, grâce à l'obligation de réduction des émissions imposée aux producteurs de carburant, des économies moyennes sont réalisées de l'ordre de 84%, évitant ainsi 9,5 millions de tonnes de CO2 en 2018. Pour le bioéthanol à base de flic, l'économie moyenne était de jusqu'à 86,4% juste en dessous du biométhane, ce qui a permis des économies de 90,23%.

La crise du COVID-19 montre également à quel point l'industrie des biocarburants est agile et polyvalente. Plusieurs millions de litres de désinfectant à base d'éthanol ont déjà été livrés aux hôpitaux. Ainsi, en plus de produire des biocarburants, des aliments pour animaux à haute teneur en protéines, du CO2 vert, l'industrie des biocarburants fournit maintenant un produit indispensable pour lutter contre le COVID-19, de nombreux litres sont donnés gratuitement.

Revenir en arrière maintenant sur les mandats pour les énergies renouvelables dans les transports n'est donc pas une bonne stratégie.

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