Catégories
Europe actualité

La Flandre choisit le Green Deal de l'UE comme champ de bataille entre les régions – EURACTIV.fr

La Belgique ne rejoindra pas plus d'une douzaine d'Etats membres pour insister sur le fait que le Green Deal doit servir de base à la récupération des coronavirus, après un différend entre les trois parlements régionaux et le gouvernement a nix les chances d'une position commune.

La lettre conjointe – proposée par le Danemark – demande que le Green Deal soit «la feuille de route pour faire les bons choix et répondre à la crise économique tout en transformant l'Europe en une économie durable et neutre en carbone».

Il met également en garde contre «la tentation de solutions à court terme qui risquent d'enfermer l'Europe dans une économie dépendante des énergies fossiles pour les décennies à venir».

Selon Le Soir, jusqu'à présent, la stratégie belge et le Green Deal sont peu cohérents dans les travaux du coronavirus «groupe de gestion des risques économiques» du pays.

Mais malgré l’absence d’un accord intra-belge, trois ministres régionaux de l’environnement – Céline Tellier et Philippe Henry, de Wallonie, et Alain Maron, originaire de Bruxelles – ont soutenu mercredi 8 avril le Green Deal et ont approuvé la lettre.

Selon eux, il a déjà obtenu le soutien du Danemark, de la Finlande, de la France, de la Lituanie, du Luxembourg, des Pays-Bas, de l'Espagne et de la Suède, tandis que le Portugal et la Slovénie envisagent d'adhérer.

"La gestion de la crise sanitaire est l'urgence du moment mais cette crise confirme la nécessité d'amorcer un tournant", ont-ils déclaré dans un communiqué de presse conjoint.

"L'accord vert européen doit permettre un redéploiement vers les courts-circuits, vers une économie plus locale et plus résiliente face aux crises futures", a-t-il ajouté. «Ces projets de transition sont au cœur des ambitions fixées par les régions bruxelloise et wallonne et un horizon d'espoir dans cette crise sanitaire.»

Plus tôt cette semaine, le leader socialiste Paul Magnette (PS) a proposé un plan pour mettre fin à la crise des coronavirus en quatre phases, sur la base de 125 mesures, suggérant également "qu'il sera important d'initier une transition vers un autre modèle économique et la vie dans la société", le Green Deal en fait partie.

"Cela renforcera la santé publique et soutiendra la transition de notre modèle de production et de consommation vers un modèle plus durable et plus uni", a déclaré Magnette. La Libre dans une interview.

Cependant, le ministre flamand du Climat, Zuhal Demir (N-VA), a déclaré que "la Flandre ne peut pas donner son accord à la signature".

Ce n’est pas la première fois que le projet phare de la Commission européenne provoque un mauvais sang entre les régions belges.

Ces dernières années, la Wallonie a souffert d'un chômage élevé et a un PIB par habitant nettement inférieur à celui de la Flandre, qui représente plus de la moitié de la production du pays.

En ce qui concerne la répartition des fonds de l'UE, les disparités économiques ont également provoqué des dissensions régionales dans le passé, la dernière concernant le Fonds de transition juste de l'UE.

Dans le cadre du Green Deal, le fonds propose actuellement 7,5 milliards d'euros pour 2021-2027, destinés aux États membres et aux régions qui doivent consentir les plus grands efforts pour réduire leurs émissions de CO2 afin d'atteindre la neutralité climatique.

La Commission dresse la liste des régions mûres pour une transition équitable

Mercredi 26 février, la Commission européenne a révélé quelles parties spécifiques de l'UE étaient éligibles pour scinder un fonds climatique de 7,5 milliards d'euros, destiné aux dépenses de nettoyage de l'industrie lourde et de soutien aux travailleurs de l'industrie des combustibles fossiles.

En février, le fonds a occupé le devant de la scène dans un débat interne récurrent sur les disparités régionales, lorsque le ministre nationaliste flamand a remis en question les critères d’allocation de la Commission pour le fonds.

Ce différend s'est répercuté sur la crise sanitaire actuelle. Pour lutter contre les retombées du coronavirus, l'UE a mis en place un fonds spécial, dont 37 millions d'euros sont destinés à la Belgique.

Les deux tiers de ce montant iront à la Wallonie (16 millions d'euros), la Flandre recevra 6,5 ​​millions d'euros, la Région bruxelloise 4,3 millions d'euros et 9,6 millions d'euros sont consacrés à la Communauté française. L'allocation régionale est calculée en utilisant une métrique similaire à celles utilisées pour les fonds habituels de l'UE.

Bien que la Flandre soit plus durement touchée que la Wallonie par l'épidémie, la majeure partie du soutien européen à la Belgique est acheminée vers le sud du pays, a déclaré le ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA) à la mi-mars alors que les gouvernements flamand et wallon se déployaient de nouvelles mesures pour faire face à la crise.

Selon Jambon, cela est dû aux «mécanismes» de la distribution des fonds.

"Une fois de plus, l'argent de secours européen est passé par la Flandre parce que le mécanisme choisi garantit que le bon élève de la classe est puni", a-t-il déclaré, s'adressant à une chambre du Parlement flamand réduite.

Le Fonds pour une transition juste approfondit le débat belge sur les disparités régionales

Alors que 0,9% (68 millions d'euros) du Fonds européen pour une transition juste est destiné à la Belgique, les critères de la Commission européenne pour le fonds pourraient se transformer en une «gueule de bois» pour la Flandre, a prévenu le ministre flamand de l'Environnement, Zuhal Demir (N-VA), dans une affirmation qui menace d'approfondir le débat sur les disparités régionales en Belgique.

Pas de redistribution CETA

La Wallonie a tristement bloqué l'accord commercial de l'UE avec le Canada en 2016, car le pacte commercial global devait être ratifié par tous les parlements nationaux et régionaux du bloc.

Mais il est peu probable qu'il y ait un cas similaire de pierre d'achoppement au niveau local pour le Green Deal, qui n'est pas une loi ou un accord international, comme l'AECG. Au lieu de cela, les règlements et les lois contenus dans la politique feront l'objet d'un débat.

La Belgique a déjà signé la principale mesure du Green Deal – des émissions nettes de gaz à effet de serre d'ici 2050 – et la proposition de loi sur le climat de la Commission, visant à inscrire cet objectif dans le codex de l'UE, sera décidée à la majorité qualifiée normale et non à l'unanimité.

D'autres mesures, comme une référence repensée pour 2030, le Fonds pour la transition juste, des modifications des normes d'émissions des véhicules et des modifications de la directive du marché du carbone (ETS) du bloc seront également vivement contestées par différentes coalitions d'États membres, mais il n'y aura pas de veto tout-puissant dans jouer.

Le coronavirus continue cependant de semer la division entre les pays de l'UE. Le Premier ministre tchèque Andrej Babiš a récemment exhorté Bruxelles à abandonner le Green Deal, tandis que les ministres estonien et polonais ont déclaré que l'ETS devrait être abandonné pendant que l'épidémie se poursuit.

La Commission a insisté sur le fait que la participation au marché du carbone est obligatoire pour les États membres et que même une sortie temporaire dans des circonstances exceptionnelles n'est pas autorisée par la directive.

(Édité par Sam Morgan)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *