Catégories
Europe actualité

ensemble pour un avenir durable au-delà de la crise – EURACTIV.fr

Le coronavirus un réveil sans précédent sur la nécessité d'une action mondiale. L'UE et les agences internationales doivent travailler ensemble pour façonner un avenir meilleur, écrit Barbara Pesce-Monteiro.

Barbara Pesce-Monteiro est directrice du Programme des Nations Unies et du développement des Nations Unies à Bruxelles

Alors que les organisations multilatérales, les États, les ONG et les institutions médicales tentent d'intensifier leurs efforts pour protéger des vies contre la pandémie, il est également fondamental de s'attaquer à son impact dramatique sur nos sociétés et nos économies. Pour contribuer à façonner un avenir meilleur, le développement durable devrait être au cœur de notre action, et la crise actuelle souligne la nécessité de le faire. Seuls les plans de relance axés sur le Programme 2030 et l'Accord de Paris, et fondés sur les droits de l'homme, peuvent guérir les blessures infligées par COVID-19, tout en nous protégeant contre d'autres défis mondiaux urgents. Plus que jamais, nous avons besoin que l'UE prenne l'initiative dans ces efforts.

Comme l'a souligné le Secrétaire général de l'ONU, António Guterres, dans notre monde interconnecté «nous ne sommes aussi forts que le système de santé le plus faible». Une réponse véritablement mondiale à court terme est fondamentale à ce stade, et l'ONU a publié un plan de réponse humanitaire et un appel à un cessez-le-feu mondial pour protéger les plus vulnérables. L'ONU a réagi rapidement pour protéger des vies humaines, à la fois en fournissant des conseils et une coordination de l'OMS dans la réponse médicale, et grâce aux opérations des agences humanitaires et de développement des Nations Unies dans presque tous les pays du monde.

Dans sa réponse extérieure au virus, l'UE a fortement soutenu la riposte mondiale et s'est immédiatement associée à l'ONU pour sauver des vies. Par exemple, dans le voisinage oriental de l’UE et dans les Balkans occidentaux, où l’UE et l’ONU fournissent ensemble des équipements de protection, des fournitures médicales et une assistance technique. Ou en Libye, où ils fournissent conjointement des fournitures vitales, mais assurent également l'accès à l'eau potable, améliorant l'hygiène et la prévention.

Cependant, pour réussir à défendre des vies et la dignité, nous devons regarder au-delà du court terme. Le virus aggrave les inégalités existantes en affectant les plus à risque: les pauvres, les sans-abri, les personnes déplacées, les personnes handicapées, les femmes et les enfants qui doivent faire face à la montée de la violence domestique due à l'internement, et malheureusement tant d'autres. La crise climatique est toujours d'actualité, alors que les records de chaleur continuent d'être battus et que le niveau de la mer augmente, avec de graves conséquences sur le développement socio-économique, la santé, les droits de l'homme, les emplois, les migrations et les déplacements, la sécurité alimentaire et les écosystèmes terrestres et marins. De plus, COVID-19 prouve une fois de plus que le risque est de plus en plus systémique, et notre réponse nécessite des approches systémiques et préventives. Ces défis, au cœur de l'Agenda 2030 et des engagements internationaux clés signés par les dirigeants mondiaux en 2015, sont là pour durer et sont susceptibles d'être aggravés par le ralentissement socio-économique.

Le FMI prévoit que la croissance mondiale tombera à -3% en 2020, soit une baisse de 6,3% par rapport à janvier 2020. Selon l'OIT, les heures de travail mondiales au T2 2020 devraient être de 10,5% inférieures à celles du T4 2019. Cela équivaut à 305 millions d'emplois à temps plein. Ce ne sont là que quelques-uns des chiffres décourageants qui promettent un impact énorme sur la pauvreté et les inégalités, mais soulèvent également la question de savoir si les gouvernements auront les ressources et la volonté politique de continuer à investir dans des sociétés plus justes et plus vertes. La phase de relance devrait viser à bâtir des économies inclusives et durables qui résistent mieux aux pandémies, aux changements climatiques et aux nombreux autres défis mondiaux, afin de protéger les progrès vers le Programme 2030. L'ONU travaille dans ce sens.

Le rôle que l'UE jouera dans les mois et les années à venir sera fondamental pour garantir que cette crise soit gérée au niveau mondial avec une forte présence et un soutien européens, et qu'elle n'entrave pas notre objectif de parvenir à des objectifs plus durables, pacifiques et des sociétés justes. La reprise nécessitera des solutions à long terme vertes, inclusives, sociales, informées sur les risques et innovantes qui mettent les personnes et leurs droits au centre, à l'intérieur et à l'extérieur de l'Europe. Seul un cadre financier pluriannuel (CFP) de l'UE solide et équilibré conforme au programme 2030, à l'accord de Paris et au cadre de Sendai pour la réduction des risques de catastrophe peut aider les pays à mettre en place les éléments constitutifs d'économies et de sociétés résilientes et à faibles émissions. Pour cette raison, les appels des institutions de l'UE à placer l'accord vert européen au cœur du prochain budget de l'UE doivent être entendus et soutenus, et un rôle plus important devrait être prévu pour les objectifs de développement durable. Au-delà de la réponse sanitaire à court terme, le prochain CFP sera essentiel pour soutenir la reprise économique par le développement durable et faire face à la crise climatique, à la fois en Europe et par le renforcement de l'APD et de l'aide humanitaire dans les pays tiers, dont l'avenir est inextricablement lié à la UE.

Cette crise est un signal d'alarme sans précédent sur la nécessité d'une action mondiale. Ce n'est qu'en travaillant ensemble que nous pourrons transformer la reprise en une opportunité de construire un avenir plus résilient, durable et inclusif.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *