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Comment résoudre la crise? Renforcez la voix des travailleurs. – EURACTIV.com

En quelques semaines, les défis politiques auxquels l'Europe est confrontée ont radicalement changé, avec la crise sanitaire et économique qui se déroule. Dans la crise économique précédente, notre réponse collective a été d'affaiblir les droits du travailleur. Cette fois, ce doit être différent, soutiennent les eurodéputées danoises Marianne Vind, Nikolaj Villumsen et Kira Marie Peter-Hansen.

Marianne Vind est députée européenne pour S&D. Nikolaj Villumsen (GUE / NGL) est le coordinateur de la commission EMPL. Kira Marie Peter-Hansen est coordinatrice des eurodéputés verts et EMPL.

La crise extraordinaire de COVID-19 a exposé les Européens à une menace pour la santé qui ne ressemble à aucune de celles que nous avons connues au cours d'une vie, ce qui justifie pleinement le verrouillage de nos économies européennes. En conséquence, cependant, nous sommes maintenant confrontés à une crise de chômage alors que les travailleurs subissent des licenciements massifs, des réductions de salaire et une détérioration de leurs conditions de travail.

Si la crise sanitaire du COVID-19 est la première du genre à frapper l'UE, la situation économique ne l'est pas. Nous pouvons et devons tirer les leçons des récentes crises économiques pour comprendre comment réagir – et surtout comment ne pas le faire.

La crise économique actuelle a déclenché un chômage de masse. Des millions d'Européens ont été licenciés de leur travail, créant une incertitude quant à leurs revenus futurs. En Espagne, plus de 800 000 travailleurs ont perdu leur emploi et en France, plus de quatre millions ont demandé des allocations de chômage selon le Financial Times.

Il y a dix ans, alors que l'Europe faisait face à une crise économique et à une hausse des taux de chômage, le poids de la charge revenait au travailleur européen moyen.

La négociation collective était considérée comme un obstacle à une politique salariale restrictive et le dialogue social était en tant que tel mis sous pression. Cette fois, notre réponse doit être différente.

Cette fois, les gouvernements nationaux et l'Union européenne doivent choisir de renforcer les partenaires sociaux et de les impliquer dans la gestion des crises et la reprise de notre économie. Les partenaires sociaux connaissent le mieux les défis et les besoins des sites de production et des lieux de travail en Europe.

Avec des contacts étroits avec les travailleurs et les employeurs et avec une connaissance approfondie de leurs marchés du travail nationaux, les syndicats et les organisations d'employeurs sont les experts dont nous avons besoin pour élaborer des réponses responsables et justes à notre crise actuelle.

C'est ce que le gouvernement danois a fait.

Le 13 mars, le gouvernement et les partenaires sociaux ont conclu un accord tripartite en seulement 24 heures pour éviter les licenciements massifs tout en préservant la santé des citoyens. Les trois parties ont convenu de partager le fardeau du verrouillage, car les employés ont été renvoyés chez eux et les entreprises fermées.

Le gouvernement a accepté de couvrir entre 75 et 90% du salaire des travailleurs, les travailleurs prendraient cinq jours de congé et les employeurs ont accepté de payer le reste du salaire. En contrepartie, aucun des travailleurs ne serait licencié pendant trois mois.

Cet accord tripartite a déjà profité à des milliers de travailleurs qui, autrement, auraient été licenciés.

Par exemple, Scandinavian Airlines a pu renvoyer 4 000 de ses employés à plein salaire. L'aéroport de Copenhague a pu faire de même pour 1 500 de ses employés.

Plus de 25 000 autres entreprises ont désormais déposé une demande pour éviter les licenciements. Cela permet aux entreprises de garder leurs employés au sein de leur personnel afin qu'ils puissent reprendre le travail rapidement une fois notre société rouverte.

Dans le même temps, il empêche les travailleurs de se retrouver au chômage et offre une sécurité financière en période d'incertitude, ce qui, espérons-le, maintiendra les dépenses et l'activité économique.

En d'autres termes: l'exemple danois a prouvé la force et la pertinence d'inviter les partenaires sociaux à partager la charge. Et ce n'est pas la première fois.

Le Danemark a une longue tradition d’inviter les partenaires sociaux à la table pour résoudre les défis trop importants pour qu’un gouvernement puisse les assumer seuls, qu’il s’agisse de l’éducation permanente, de l’intégration des immigrants ou d’un arrêt national.

En retour, cela a assuré notre capacité à effectuer une transition rapide en temps de crise et à réaliser des gains sociaux à long terme en période de stabilité.

La crise actuelle met en évidence la nécessité pour les gouvernements nationaux de reconnaître la force des accords tripartites. Cela ne leur sera pas seulement utile pour atténuer les conséquences de la crise corona. Il renforcera également les droits et le bien-être de leurs travailleurs et aidera les entreprises à se redresser et à se développer à nouveau.

La Commission doit soutenir ces efforts. Nous avons besoin d'un cadre pour renforcer les partenaires sociaux et leur capacité à négocier collectivement. Dans un premier temps, l'UE devrait introduire des clauses sociales dans la législation sur les marchés publics pour lutter contre les conditions de travail injustifiables en Europe.

Ce serait un pas en avant pour permettre à des partenaires solides sur les marchés du travail, de créer une base solide pour nos économies européennes pour répondre à l'évolution rapide des marchés du travail – dans les crises et la santé.

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